Trois implantations ... une même philosophie !

Une troisième saison pour le spectacle Je l’aime un peu beaucoup

Le 25 novembre dernier avait lieu la Journée Internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. A cette occasion, la Communauté Wallonie-Bruxelles a édité une brochure et des affiches pour une campagne de prévention contre les violences dans les relations amoureuses chez les jeunes.

Un site Internet (www.aimesansviolence.be) permet en outre d'informer er d'obtenir des conseils en cas de besoin. C'est l'occasion de rappeler que le Collège et le Brocoli Théâtre se sont joints depuis deux ans déjà pour proposer un spectacle de sensibilisation et de prévention sur ce thème délicat : Je l'aime un peu beaucoup.

Cinq nouvelles représentations ont eu lieu en octobre, à Bruxelles ( à Koekelberg et à l'Institut Saint-Louis ) et à Charleroi (à l'Eden). Avec une troisième distribution, très proche de celle de l'année dernière, puisque seulement deux comédiens ont été remplacés.

Et pourtant, ils ont pratiquement tous quitté le Collège. Nos anciens rhétoriciens, talentueux, généreux, pleins d'énergie, de simplicité, d'humour, sont revenus pour les répétitions et les représentations de ce spectacle qu'ils portent depuis plus d'un an. Ils sont rejoints par Chloé et Giulian qui, en quelques répétitions, de spectateurs sont devenus acteurs de Je l'aime un peu beaucoup. Et en quelques représentations, leur conception de la relation amoureuse a été chamboulée ...

On a déjà dit l'impact de ce spectacle auprès des jeunes – et moins jeunes – spectateurs, l'émotion parfois suscitées chez certaines personnes, qui témoignent de leur vécu de victime lors du débat qui suit chaque représentation. A chaque fois, l'accueil est formidable, et les programmateurs et les associations nous disent l'importance de présenter ce spectacle aux ados. Un sentiment de plus en plus partagé par les jeunes comédiens et toute l'équipe.
L'engagement des comédiens est entier et leur jeu a évolué vers plus de sincérité, d'énergie, de vérité. Ils s'adaptent à des espaces scéniques très différents, passant d'un petit plateau à une scène beaucoup plus grande sans difficulté. Les publics rencontrés sont eux-aussi très variés. Jouer devant une salle de 250 élèves issus des communautés maghrébines et africaines à Koekelberg, ce n'est pas rien! Et la semaine suivante, les ados de Charleroi font un pareil accueil à la pièce l'après-midi, avant de laisser la place le soir à un public adulte, dont des professionnels des questions de violence.

Et chaque représentation est suivie d'un débat. C'est l'occasion pour les jeunes de s'exprimer et de parfois modifier leur perception de la violence. On est souvent étonnés devant la banalisation de situations de violence. Les associations qui animent ces échanges sont interpellées en entendant que des situations anormales ("c'est mignon d'être jaloux", "une fille qui met une jupe manque de respect à son copain", "interdire à son copain de sortir avec ses potes est une preuve d'amour", "contrôler le GSM ou Facebook, c'est normal", "l'amour, c'est uniquement fait pour avoir des enfants", ...) sont souvent vécues par les ados comme normales.

A Charleroi, une jeune fille a pris la parole pour expliquer que la pièce lui avait ouvert les yeux sur sa relation avec un petit ami violent. Elle a accepté que son témoignage soit enregistré par des journlistes présents et soit diffusé le lendemain à la radio. Quel courage!

Il est clair que ces représentations ne sont qu'une étape dans un travail de déconstruction des stéréotypes, et de réflexion sur les relations amoureuses et la violence au sein du couple et dans la société. Dans de nombreuses écoles, le planning familial retourne en classe après avoir vu la pièce et poursuit les discussions avec les élèves.
Plusieurs demandes sont arrivées au Brocoli pour une reprise de Je l'aime un peu beaucoup.

Michel Nolevaux

Pour plus de renseignements : www.brocolitheatre.wix.com.
Une capsule réalisée par la Province de Hainaut est visible sur You Tube