Trois implantations ... une même philosophie !

Arex : une option ... Capitale !

A trois reprises ce trimestre, des élèves de l'option Arts d'Expression se sont rendus à Bruxelles. Récit de trois expériences...

Une nouvelle fois, Je l'aime un peu beaucoup sensibilise de jeunes spectateurs au problème des violences entre partenaires.

Mercredi 23 octobre 12h30. Nous prenons le train destination Bruxelles-Nord. Une toute nouvelle équipe se prépare à jouer ce spectacle créé en 2013 et qui, en plus de 40 représentations, aura été vu par près de 8000 spectateurs, le plus souvent des jeunes. Nous sommes accueillis à notre arrivée par Maïté, qui nous amène à l'auberge de jeunesse, puis au Centre Culturel Pôle Nord où le reste de l'équipe du Brocoli Théâtre nous attend. Plusieurs heures de répétitions permettront de mettre au point les derniers détails, d'autant que plus de la moitié des rôles ont été repris par des élèves de 5 et 6 Arex qui joueront pour la première fois le lendemain. Avec toute la patience et la générosité qui le caractérisent, Gennaro Pitisci, metteur en scène, explique, fait recommencer, plusieurs fois si nécessaire. A 20h, après un rapide repas pizzas, un dernier filage rassure tout le monde.

Jeudi. Nous arrivons tôt le matin. A 10h00, 180 élèves s'installent et la première représentation débute. Le public rit, s'indigne de certaines scènes, est ému, réagit. Décidément, cette pièce ne laisse personne indifférent. Le débat qui suit la représentation prouve une nouvelle fois l'utilité d'un tel spectacle.
Nous jouerons encore trois fois (l'après-midi et le lendemain aux mêmes heures), avec le même succès, le même intérêt, le même plaisir pour les comédiens. Les enseignants présents demandent quand nous reprenons la pièce, certains veulent amener d'autres classes. Une école veut réserver deux salles complètes. Le Brocoli reçoit régulièrement des demandes, y compris du service Jeunesse de la Fédération Wallonie – Bruxelles.
Pourtant, cette année scolaire, nous avons décidé de suspendre les représentations de Je l'aime un peu beaucoup en raison d'un nouveau spectacle en création (voir ci-dessous). Quant à l'année prochaine, nous verrons ...

Suzy et Franck, une histoire d'amour impossible.

Il y a deux ans, Didier Poiteaux, auteur et comédien, venait au Collège rencontrer des élèves dans le cadre de sa recherche sur sa nouvelle création qui traite des ados ayant un parent alcoolique. Des témoignages ont fortement marqué l'artiste, suffisamment pour que nous restions en contact et imaginions un projet de collaboration avec un groupe d'Arex. C'est ainsi que cette année scolaire, nous avons reçu un subside de la cellule « Culture-Enseignement » de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour un projet de partenariat entre notre école, IThAC (asbl qui promeut le théâtre pour les jeunes) et INTI Théâtre (compagnie de Didier Poiteaux).
Nous voilà donc lancés dans une nouvelle aventure. Un groupe de 5-6 Arex expérimente la méthode de travail de l'artiste, qui réalise du « théâtre documentaire », c'est-à-dire crée une pièce à partie de témoignages, de recherches, d'interviews, ... Le thème a été choisi par les élèves : l'importance d'Internet et des réseaux sociaux à notre époque, avec les éventuelles dérives. De nombreux échanges, des séances d'écriture, un travail d'improvisation ont déjà eu lieu. Au terme du premier trimestre, le scénario se met en place mais énormément de travail doit encore être fourni. Ce spectacle sera bien entendu présenté en fin d'année durant le Festival Arex.

Il paraissait important que nous puissions voir la pièce de Didier, Suzy et Franck, pour confronter notre expérience et nos questions et inquiétudes au résultat que représente un spectacle abouti. Ce pourquoi, nous nous sommes rendus au Théâtre Breughel à Bruxelles.
Suzy et Franck raconte l'histoire d'amour (vraie !) entre une belge et un condamné à mort Texan. Sur un plateau nu, Didier Poiteaux partage avec humour, simplicité et sensibilité des récits de vie découverts au cours de ses recherches sur la peine de mort. L'artiste restitue les faits, sans jugement ni apitoiement. La pièce a reçu le label « spectacle d'utilité publique » à Bruxelles et n'arrête pas de tourner en Belgique et à l'étranger.
A la fin de la représentation, un échange entre les jeunes spectateurs et l'artiste permet de réfléchir à la peine de mort et indirectement aux droits humains. Le témoignage poignant d'un ancien condamné pour meurtres a clairement marqué les esprits. L'après-midi a été consacré à une séance de travail sur notre création, au regard de la pièce du matin.

Programme chargé pour une journée de rencontres à Bruxelles.

Le succès de Je l'aime un peu beaucoup a amené l'échevine de l'égalité des chances de Saint-Josse, Madame Nezahat Namli, à commander au Brocoli un nouveau spectacle, cette fois sur le harcèlement. Le deuxième groupe de 5-6 Arex s'est donc lancé dans ce projet, qui sera mis en scène par Gennaro Pitisci et créé à Bruxelles les 25 et 26 avril, avant d'être repris au Collège pendant le Festival Arex. L'année prochaine, il devrait être présenté devant des écoles bruxelloises et wallonnes.
Le travail de recherche et de création de scènes à partir d'improvisations a bien entendu débuté. Mais le Brocoli a organisé une journée bien remplie à Bruxelles, à la rencontre d'associations qui luttent contre diverses formes de harcèlement. En voici un rapide aperçu. L'asbl Garance fait de la prévention contre les violences faites aux femmes. C'était l'occasion de réfléchir au harcèlement sexiste dans l'espace public et d'échanger sur les techniques pour réagir lors d'une agression.
Le service « Egalité des chances » de la commune de Saint-Josse lutte contre tous les types de disciminations (Cette année, 32 femmes sont décédées en Belgique à la suite de violences conjugales). Une exposition intitulée « Mon corps, mes droits » proposée par La Voix des femmes (association luttant notamment contre les mutilations sexuelles) présente des dessins réalisés par des femmes migrantes sur les violences dont elles sont souvent victimes.
Child Focus, à côté de son activité principale que tout le monde connaît, nous a éclairé sur le fléau du « sexting » et du « sextorsion », qui sont des phénomènes qui touchent les jeunes ados et peuvent mener à la fugue, voire aux tentatives de suicide.
Enfin, Christophe Butstraen, ancien enseignant détaché au sein de Médiation Scolaire en Wallonie et auteur du livre Internet, mes parents et moi, a tenu un discours très inquiétant sur les dangers du cyberharcèlement.
Une journée bien chargée, on le voit, qui enrichira à coup sûr notre réflexion et nos impros sur le harcèlement.

Quelques photos de ces événements dans nos albums Je l'aime un peu beaucoup et Arex à Bruxelles